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Après avoir dévoré en quelques jours seulement A Queen In New York de Marine Béliard, progetplus a souhaité en savoir un peu plus sur l'auteure et la genèse de son récit passionnant qui se déroule entre les 60's et les 80's, dans le milieu Rock / Punk de la ville qui ne dort jamais. Nous vous invitons à partir à la rencontre d'une passionnée d'art, de New York et bien sûr, de Rock.
- L’histoire se déroule dans le New York des années 70/80, pourquoi avoir choisi cette période et cette ville ?
Tout d’abord cette période m’a toujours fascinée, particulièrement à travers la musique et le cinéma.
Je me souviens des premiers disques écoutés chez mes parents à la fin des années 80 alors que j’avais 12, 13 ans : les Rolling Stones, les Beatles, Joan Baez, Bob Dylan…
Mais la vraie révélation reste David Bowie, dont je suis une fan inconditionnelle.
Et puis j’ai découvert New York à travers les films, c’est une ville extrêmement inspirante, qui donne envie de créer et raconter des histoires.
Dans les années 70, New York est une ville particulière, à la fois en pleine effervescence artistique, mais également dangereuse, en proie à la violence et au bord de la faillite. Ce contexte a inspiré de nombreux artistes, je pense notamment à Lou Reed qui met en scène avec génie dans ses chansons le New York marginal, underground de l’époque.
C’est une période à New York où des artistes inconnus se côtoient, collaborent ensemble et vont devenir pour certains de véritables stars (je pense par exemple à Patti Smith, Blondie, Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, pour ne citer qu’eux…)
L’idée de situer l’intrigue du roman à cette période et dans cette ville est venue très naturellement.
- Pour avoir visité certains des quartiers et endroits dans lesquels se déroule l’action, je trouve que vous avez réussi à les décrire avec justesse. Avez-vous, vous-même visité ces lieux où vous êtes-vous juste très bien documenté ?
J’ai visité New York bien après la période dont il est question dans le roman.
J’ai donc mené un travail de documentation passionnant, ce qui m’a permis de faire un voyage dans le temps. J’ai voulu recréer l’ambiance de la ville à l’époque. J’ai lu de nombreux livres se déroulant à New York dans les années 70 et 80, des biographies d’artistes, et internet a été un outil formidable pour retrouver des témoignages, des photos de la ville et des lieux où se déroule l’intrigue.
J’ai également échangé avec des personnes ayant vécu à New York durant ces années-là. J’ai notamment eu la chance de m’entretenir avec Alain Bizos (qui a participé à la création du quotidien Libération, et qui est également l’un des fondateurs du magazine mensuel Actuel et de l’agence de photographes Vu’). Dans les années 70, Alain était l’assistant de l’artiste Arman à New York et a fréquenté le milieu artistique. Il a eu la générosité de me confier de nombreuses anecdotes sur les personnalités qu’il a côtoyées à l’époque, sur les soirées, et les lieux.
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- Vous avez réussi à retranscrire l’ambiance malsaine et la violence des rues New Yorkaises de l’époque, est-ce là aussi un travail de documentation ?
Pour cette ambiance particulière, j’ai puisé mon inspiration dans les films américains qui se déroulent à New York dans les années 70 et 80. Je pense notamment à Taxi Driver et After Hours (Martin Scorsese), Serpico (Sidney Lumet), Cruising (William Friedkin) ou encore Bad Lieutenant (Abel Ferrara)...
Pour le milieu de la police, j’ai lu des témoignages de la police américaine de l’époque, et notamment un livre remarquable qui relate le quotidien des policiers à Los Angeles dans les 60’ : Les nouveaux centurions de Joseph Wambaugh, paru en 1971.
- Pourquoi avoir choisi d’écrire un roman se déroulant dans le milieu de la musique ?
Je suis fascinée par les destins hors du commun, et parfois tragiques des rock-stars. J’avais envie de raconter le destin de l’une d’entre elles, particulièrement dans ces années-là, étant fan de cette période musicale.
Et puis j’ai voulu faire vivre le groupe du roman, « A queen in New York », comme s’il avait réellement existé. J’ai collaboré avec l’artiste Annika and The Forest qui a créé quatre titres spécialement pour le livre, avec la complicité des musiciens David Aknin (batteur) et Victor Paimblanc (bassiste). Ces quatre morceaux correspondent à des moments différents de la vie du groupe et parlent de ce que les personnages vivent à l’époque. On peut les écouter via un QR code présent à la fin du livre.
- Êtes-vous fan des artistes musicaux (Lou Reed, Bowie, Blondie, Abba….) que l’on retrouve sur la playlist du roman ou les avez-vous choisi parce qu’ils sont emblématiques d’une époque ?
Je suis absolument fan de certains d’entre eux : David Bowie, Lou Reed, Patti Smith, Bauhaus…. et j’aime beaucoup les autres morceaux que j’ai choisis, effectivement emblématiques de cette période.
- On croise aussi pas mal d’artistes comme Basquiat, Andy Warhol, Keith Haring ou encore le photographe Robert Mapplethorpe. Même question que la précédente, les avez-vous choisis par goût ou pour leur apport à la contre-culture (et par extension, à l’époque) ?
Pour les deux à la fois ! Ces artistes me captivent par leur talent, leur vie incroyable. J’apprécie leur travail et ce sont des figures incontournables de la scène artistique de l’époque.
- À part l’écriture, pratiquez-vous une autre forme d’art (musique, peinture, dessin…) ?
J’ai travaillé plusieurs années comme comédienne, et mené un projet franco-brésilien autour des contes indiens d’Amazonie.
Je suis maintenant programmatrice culturelle au musée de l’Homme.
- Vous abordez, entre autres, des sujets comme l’addiction ou l’identité, qui sont aujourd’hui encore des sujets « sensibles » d’actualité. Sont-ils des sujets qui vous touchent particulièrement ou les avez vous choisi justement parce qu’ils sont d’actualité ?
Il s’agit de sujets qui m’intéressent, ou me touchent, parfois dans mon entourage. J’avais envie de les aborder dans mon travail d’écriture. Et puis ce sont des sujets dont il est totalement question à l’époque de mon roman, tout précisément à New York.
- Quels sont vos plans pour le futur, avez-vous déjà mis en route le prochain roman ?
J’en suis au tout début, je réfléchis à l’intrigue et aux personnages, et aux lieux. Il s’agira d’un roman psychologique avec une enquête personnelle.
- Que peut-on vous souhaiter pour la suite de vos aventures ?
D’avoir plein de belles idées pour de futurs romans ! Et de voyager !