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Je ne connaissais pas le groupe… Puis en ouvrant la besace de Mister Misery (qui est le nom du groupe et de cet album), mon premier sentiment est qu’il y a là-dedans à boire et à manger. Au final, ce pique-nique œcuménique est plutôt réussi si tant est que l’on ne s’enferme pas dans sa propre secte (ce qui m’arrive assez facilement avec mes œillères bien étroites, noires et brutales).
On dirait une rencontre musicale entre Stratovarius, Arch Enemy, un peu de Craddle of Filth / Nymphetamine pour l'ambiance, puis un zeste de "Clowns tueurs venus d'ailleurs (film de Sf / Horreur réalisé par Stephen Chiodo en 88) pour une partie du décor musical.
Mister Misery nous plonge d’une part dans un monde proche de l’apocalypse avec des gens rongés de l’intérieur, à la limite du suicide, de l’autre dans une ambiance de fictions (zombies, l’homme tordu) et d'histoires (Jack the Ripper) toujours teintées d’angoisse et d’horreur. [N.B. : je suis certainement passé à côté de pleins de références de films d’horreurs, n’y connaissant pas grand chose].
La classification de ce groupe n’est donc pas facile : Metal atmosphérique (spirit-of-metal), Shock Rock, Metal core, Heavy Metal (verycords), Horror Glam (unitedrocknation), et même Sleaze (verdammnis). Pour simplifier, il est préférable de garder la dénomination de « Horror Metal » utilisé par le groupe lui-même sur son site, ne pas chercher plus loin, et juste écouter leur musique.
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La recette globale :
1: La thématique de base est celle des films d’horreur, de l’angoisse, du sang etc… Pour exemple, "Erzebeth" n’est autre que la comtesse Bathory à qui on reproche le meurtre de nombreuses jeunes femmes et les bains de sang au 16e siècle. Comtesse qui a inspiré un nombre incalculable de groupes de metal à commencer par Venom.
2: Différentes voix, dont une qui tire vers Alissa White-Gluz (Arch Enemy) et une autre qui donne une dimension power metal. En cherchant bien, on peut même déceler du Alice Cooper (puis avec un coup dans le nez, du Murray Head : les effets sonores ne sont pas boudés non plus). Les alternances entre styles sont souplement gérées.
3: Des guitares solos type speed/power metal, et par moment, des grosses guitares alignées sur les grosses caisses.
4: Le groupe : Harley Vendetta, Alex Nine, Alex Alister et Rizzy, tous enveloppés de cuir et couvert de tatouages ainsi que de maquillage blanc (sorte de corpse paint soft).
Les musiciens en sont à leur troisième album qui sort pour le Wacken Open Air début août, et qui a été, pour moitié, spoilé par un EP sorti fin juin (Doomsday clock sorti le 28). Comme premier ressenti et pour le situer dans la discographie, il aurait baissé en brutalité côté vocal et instrumental par rapport à A brighter Side of Death (2021), l'album précédent. On est ici, plus dans du théâtral.
"Root of all evil": Ce premier morceau tabasse bien d’entrée et donne le ton pour le reste de l’album. On a envie d’écouter le reste. Le clip sorti en 2023 est à voir. Il est soigné et illustre bien cette ambiance théâtrale qui leur est propre. Il y est question de la descente aux enfers guidée par des voix intérieures destructrices.
"Erzebeth": Référence à la comtesse Báthory (cf. plus haut). Le refrain est très entrainant... un peu trop ? Mix caractéristique des styles de voix.
"Eye of the storm": on sent bien le côté "power-metalisant". Ici, on est emmené dans l’œil du cyclone des tourments et remords, avec le combat interne qu’il engendre.
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"Hand of death": Combinaison des voix réussie et gros son. Le sujet est 'la main de la mort' tentatrice, qui attend pour délivrer de la douleur et de l’amour pour celui qui se meurt, l’âme torturée.
"The Doomsday Clock": Même recette musicale avec un côté un peu planant. Pour le texte : la fin du monde est là et nous y contribuons. Que faire en attendant que tout ne brûle et que les couleurs ne s’estompent ?
"Crooked Man": Le côté boîte à musique du début et les 'lalalalas' frisent la caricature mais l'évitent de justesse avec le gros son qui suit et reprend le même thème. Cela dit on reste dans l'atmosphère 'spectacle' qui fait la particularité du groupe (on adhère ou on n’adhère pas...). C’est l’histoire (du soir) de l’effrayant 'Crooked Man' (celui de The Conjuring 2) et de sa vie 'tordue' dont les enfants doivent se méfier... surtout avant de s’endormir.
"Survival of the sickest": Un côté plus speed mais toujours mélodique. Ici s’exprime l’envie, voire le besoin de mourir et la motivation du passage à l’acte imminent pour un malade en souffrance.
"Until the end": Encore une salve de 'lalalalas ' mais une bonne mélodie langoureuse et entrainante. Côté paroles, c’est ambiance de film de zombies où le protagoniste ne veut pas finir en mort vivant et se réserve une balle dans le chargeur des fois que…
"Haters": Mélodie qui finit par rester dans la tête après quelques écoutes. On a limite envie d’allumer son briquet et le porter à bout de bras pour accompagner l’air du refrain. C’est un bon exemple (avec "Crooked man") d’un véritable plus pour l’album par rapport l’EP 'spoiler'. Ce morceau est à la gloire des haters, pleutres mais surpuissants derrière leurs écrans. C’est aussi une mise en garde !
"Sinner or Saint": Petite touche Pantera dans la voix au début, puis retour sur la recette de base incluant une petite mélodie 'attachante'. À un moment, on a même cet effet « one night in Bangkok » sur la voix qu’on retrouve de temps à autre sur l’album.
"Ripper": Recette de base pour nous raconter l’histoire de Jack the Ripper.
"Dark legacy": Idem mais on est sur une sortie d'album un peu plus soft (mais pas trop). Le texte fait référence à Dark Legacy de Natasha Knight ?
En conclusion, de ma fenêtre, le seul reproche serait que cet album est parfois 'trop entrainant' frisant la caricature (probablement une histoire d’œillères trop serrées de mon côté). Cela dit, l’album est très agréable à écouter de A à Z pour toutes ces mélodies qui restent en tête, pour les styles différents avec lesquels Mister Misery jongle savamment, mais aussi pour les solos de guitare qui arrivent à point.
On me reprochera que, pour rester fidèle à 'l’esprit Eurovision' des pays nordiques (tout finlandais que je suis), je me dois de donner des points à mes chers voisins de Stockholm, mais ici, pas de chauvinisme régional, on a vraiment un truc puissant et travaillé qui m’a, en plus, permis de me cultiver sur les films d’horreur (des fois que ça me serve un jour).
Titres:
1. Root of all evil
2. Erzebeth
3. Eye of the storm
4. Hand of death
5. The Doomsday Clock
6. Crooked Man
7. Survival of the sickest
8. Until the end
9. Haters
10. Sinner or Saint
11. Ripper
12. Dark legacy
Musiciens:
Harley Vendetta - Chant / guitare),
Alex Nine - Guitare
Alex Alister - Basse
Rizzy - Batterie