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Autoproduction
Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Johan Steensland est un artiste multi-instrumentiste originaire d’Uppsala, cette ville suédoise qui a vu éclore des groupes emblématiques comme les Flower Kings, Kaipa ou encore HFMC. Au début des années 80, il s’impose comme l’un des pionniers de la scène progressive locale avec son groupe Sheik Ahmeed, nourri des influences de King Crimson, Rush et Genesis.
En 1985, il entame la composition de Crossfade, un ambitieux opéra prog-rock. Le projet reste inachevé lorsqu’il part s’installer aux États-Unis, mais il finit par voir le jour près de quarante ans plus tard, en septembre 2024. L’accueil est immédiat et enthousiaste : la presse spécialisée salue l’album, et Prog Magazine en fait même l’un de ses coups de cœur.
Aujourd’hui, Johan Steensland revient avec Duality, son deuxième opéra prog-rock, qui apparaît à la fois comme la continuité et l’approfondissement de son univers musical et narratif foisonnant.
L’histoire nous plonge dans la trajectoire d’Eddie, écrivain dont les romans explorent l’univers des tueurs et des psychopathes, sur le point de connaître enfin le succès, et de Lydia, une infirmière au passé trouble. De l’effervescence créative dans sa cabane d’Upper Kemp au danger d’être aveuglé par la soif de reconnaissance et d’argent, Eddie se retrouve projeté d’un monde à l’autre à la suite d’un banal accident de la route. Lydia, désormais infirmière en chef dans un service d’amnésie ionienne, est quant à elle confrontée à un drame soudain et indésirable. Qui est cet homme ? Va-t-il se réveiller ? Que cache son mystère ? Même inconscient, Eddie semble irradier une aura puissante et énigmatique.
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Chaque morceau devient ainsi un chapitre de ce roman musical, avec son propre univers sonore. Les influences se croisent, des pionniers du prog aux approches plus modernes, pour façonner un ensemble riche, varié et pourtant d’une grande cohérence, qui sert à merveille le récit des deux protagonistes.
Les titres naviguent entre registres symphoniques et progressifs, mais s’aventurent aussi vers d’autres horizons : le jazz-rock, très présent dans An ordinary man ou The Dr Dorian Dance, se mêle à des ambiances floydiennes (They believe that I’m kind), à des couleurs proches de Peter Gabriel (Walking in a straight line) ou de HFMC (What would you give?) et même à des éclats mélodiques à la Queensrÿche (The Shredded Suit).
Johan Steensland n’est pas seulement un musicien virtuose et un compositeur raffiné : il est aussi un conteur et un excellent chanteur à la voix expressive, qui, couplée à celle d’Aleena Gibson qui interprète Lydia, procure de véritables moments de pure beauté.
La force de Johan est de ne jamais se limiter à l’empilement de mélodies ou d’arrangements sophistiqués; il construit une narration où chaque note, chaque silence, chaque motif instrumental traduit une émotion, un doute, un éclat de lumière. Sa musique ne cherche pas à impressionner, mais à bouleverser. C’est cette capacité à conjuguer richesse musicale et intensité dramatique qui confère à Duality une identité aussi singulière que captivante.
Avec Duality, Johan Steensland signe une œuvre ambitieuse qui s’impose comme une étape majeure de son parcours artistique et assurément son meilleur album à ce jour.
Un artiste et un album à découvrir absolument.
Titres:
Johan Steensland - Tous les instruments
Musiciens invités:
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