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Blog Rock Progressif et un Peu +


Redshift - Down The Wire

Publié par Marc sur 24 Mai 2026, 12:24pm

Catégories : #metal progressif

REdshift - Down The Wire

 

Pale Wizard Records

 

 

 

L’IA est au cœur de toutes les attentions et s’impose comme un thème émergent dans les productions progressives actuelles. De plus en plus de groupes s’en emparent et la placent au centre de leurs œuvres.

C’est notamment le cas des derniers albums de Karmamoi (ici) et de The Paradox Twin (ici), tous deux sortis récemment. Le groupe Redshift s’attaque à son tour à ce sujet avec Down The Wire, son troisième album concept.

Celui-ci se compose de six chapitres, imaginant un monde dans lequel la pensée indépendante a disparu, où l’art humain est proscrit et où les créations générées par l’IA imposent une forme d’obéissance généralisée. On y suit un protagoniste qui initie un mouvement de résistance contre ce régime algorithmique, avant que sa lutte contre le contrôle ne glisse progressivement vers une quête de reconnaissance et de légitimité.

Un programme dense, auquel le groupe originaire de Bath (UK) donne vie avec une musique à son image : foisonnante, complexe et sans concession. Les six titres de l’album débordent d’idées qui s’entrechoquent et se superposent dans une logique volontairement déroutante, comme si la surcharge elle-même faisait partie du propos.

Il devient alors difficile de ranger ces morceaux dans une case stylistique précise, tant ils naviguent entre des univers multiples, parfois proches, souvent opposés, toujours en tension. Salsa, death, hardcore, jazz, rock, metal, éclats de musique de cartoon, effets sur la voix, interventions de trompette ou de growls s’y croisent dans un chaos maîtrisé, où chaque détour semble ouvrir une nouvelle direction plutôt qu’une conclusion.

Redshift Band

Dans ce maelström sonore affleurent de nombreuses influences, de Dream Theater (dont l’ex-claviériste Derek Sherinian fait une apparition sur The Rouge) à Rush, de Primus à Opeth ou Between the Buried and Me, sans oublier Watchtower, Devin Townsend et Voivod. Une constellation de références qui pourrait encore s’étendre, tant l’exercice consistant à en fixer les contours semble vain. Et pourtant, ce collage fonctionne avec une étonnante évidence, à condition d’accepter de s’y abandonner pleinement.

Ce qui frappe surtout, c’est la manière dont Redshift pousse l’idée de saturation jusqu’à en faire un langage en soi. Là où d’autres chercheraient à structurer ou à hiérarchiser les éléments, le groupe choisit au contraire de les laisser coexister dans une forme de tension permanente.

Cette approche donne à l’album une dimension presque instable, mais aussi très vivante, comme si chaque morceau pouvait basculer à tout moment dans une autre direction.

Avec Down The Wire, Redshift livre un album qui incarne pleinement l’essence du progressif - ou du moins ce qu’il devrait rester : une musique qui interroge, bouscule et divise.

Un album dont l’excès pleinement assumé et la richesse d’écriture profondément humaine peuvent autant fasciner que déstabiliser. Un ensemble foisonnant, habité, presque fiévreux, traversé d’émotions et d’idées, difficile à appréhender dans sa globalité, mais qui finit par révéler toute sa cohérence au fil des écoutes, une fois passée la surprise et accepté le fait qu’on n’est pas dans un univers musical conventionnel.

Inattendu et passionnant !

 

Titres:

1. The Routine
2. The Singer
3. The Machine
4. The Clown
5. The Rouge
6. The Redemption

 

Musiciens:

Liam Fear - Chant / Claviers / Basse
Tiago Martins - Guitare
Jack Camp - Batterie
 

Musiciens invites: 

John Hare - Trumpet / Flugelhorn (5)
Derek Sherinian - Claviers (5)
 
 
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