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Luminol Records
Le rock progressif, l’ambient, le jazz et le post-rock constituent les principales influences des Italiens d’Aether. Intitulé III, leur troisième album - comme son nom le laisse aisément deviner - marie ces univers avec finesse. Les six morceaux qui le composent trouvent un équilibre particulièrement juste entre ces différentes influences, chacune disposant de l’espace nécessaire pour pleinement s’exprimer.
Les musiciens en tirent une musique où se conjuguent puissance et contemplation, mouvement et retenue. À l’image d’Oort Cloud, le morceau d’ouverture de l’album, celle-ci nous entraîne dans un voyage onirique suspendu au cœur de l’espace, porté par une flûte aérienne, avant de nous propulser dans l’hyperespace. La guitare, soutenue par un Fender Rhodes incandescent, prend alors les commandes et guide l’auditeur à travers des paysages sonores aussi vastes que captivants.
Vogon, titre plus "terrien", nous propose une plage à la folie assumée sur laquelle Claudio Milano déclame son texte de manière frénétique. La guitare s’y lance dans de superbes envolées, oscillant entre improvisation jazz-rock et énergie plus résolument rock, tandis que le Fender Rhodes se fraie un chemin au cœur de cet apparent chaos. L’ensemble repose sur une section rythmique solide, qui ne se contente pas d’assurer les fondations mais participe pleinement à cette tension créative et à l’énergie débordante du morceau.
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Avec ses constantes métamorphoses, Cinq Teintes, Quatre Cadres nous replonge dans l’immensité du cosmos. Son esthétique space-rock hypnotique embarque l’auditeur dans une dérive stellaire fascinante, où chaque rupture de trajectoire ouvre de nouveaux horizons.
La Mélancolie du Petit Prince révèle un autre visage d’Aether. Plus posée et introspective, cette pièce centrée sur un piano mélancolique, subtilement enrichi de touches électroniques, laisse à la basse fretless un bel espace d’expression. Celle-ci y déploie des lignes souples et chantantes, renforçant une atmosphère contemplative d’une grande cohérence.
Évoluant constamment entre précision jazz et folie progressive, Panta Rei démontre à quel point les musiciens maîtrisent autant leur technique que leur univers musical.
Un univers nourri aussi bien par l’héritage de King Crimson et Yes que par des influences plus contemporaines comme Porcupine Tree.
Swerve, dernière et plus longue pièce de l’album, en offre une synthèse convaincante, entre guitares et claviers résolument progressifs et élégance harmonique héritée du jazz.
Avec III, Aether démontre avec brio que le rock progressif n’est en rien une musique du passé. Nourri d’ambient, de jazz et de post-rock, le genre y apparaît plus vivant que jamais, capable de conjuguer fidélité à ses racines et ouverture contemporaine.
Un album et un groupe ambitieux et inspirés, qui confirment la vitalité d’une scène que l’on croit parfois, à tort, figée dans le passé.
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